📅 19 Dec 2025
🏷️
blogging
methodologie
Une entrée qui tombe à point nommé et qui était prévu pour il y a 2 mois !
Au début de mes études de médecine, je pensais naïvement que la fin de l’externat marquait le début de la compétence : de par les discussions que j’avais pu avoir avec des étudiant·e·s plus âgé·e·s, j’avais retiré la croyance terriblement erronée que l’on en savait suffisamment en fin d’externat et que l’internat était dédié à la mise en pratique.
En revanche, l’externat et les communications des syndicats d’internes m’avaient plutôt bien préparé à la charge de travail hospitalière que représentait l’internat : je m’attendais à faire des semaines de plus de 70 heures et crouler sous les missions pendant mes journées.
Après quasi un an d’internat en anesthésie-réanimation, peu de mes préjugés sur l’internat se sont avérés. Le but de cette entrée est de lister certains conseils et informations que j’aurais aimé avoir en tête1 avant de me lancer dans le troisième cycle des études médicales.
Pendant l’externat, j’ai remarqué un gouffre entre les exigences théoriques du concours et les exigences de mes encadrant·e·s en stage : il suffisait d’en savoir extrêmement peu pour s’en sortir au quotidien. Sans le bâton du concours et le diapason des QCM, il y a fort à parier que j’aurais eu beaucoup de mal à mesurer mon avancement et travailler sérieusement au quotidien.
Même s’il existe des partiels dans certaines spécialités, ce bâton du concours disparaît pendant l’internat. Pour autant le gouffre me semble toujours présent. Il n’est donc pas toujours facile de se motiver à travailler. Cependant cela reste indispensable : à mon sens, ce qui fait le cœur de notre compétence en tant que médecin est que l’on sait pourquoi on fait les actes de soins. On ne prescrit pas tel médicament “parce que ça marche”, on prescrit tel médicament parce que l’on connaît son délai d’action et qu’il est compatible avec notre objectif, parce que l’on connaît son effet sur tel ou tel critère que l’on veut optimiser, parce que l’on connaît ses effets indésirables que l’on saura prévenir, dépister et traiter. Certaines de ces connaissances peuvent s’apprendre en stage, mais il restera toujours des choses à travailler par soi-même en dehors.
Il y a énormément de choses à apprendre pendant l’internat.
L’externat fournit un socle de connaissances communes qui permettent de constituer un savoir partagé entre médecins et qui fournissent les bases pour l’internat. Mais il vous restera une montagne de choses à apprendre.
Ce qui est particulièrement déstabilisant les premières semaines, c’est que l’on ne mesure pas bien l’ampleur de ce qu’on ne sait pas et on peut se sentir submergé. Toutefois, après quelques temps, on cerne un peu mieux le paysage de ce qu’il va falloir acquérir pendant l’internat.
Le par cœur en mode PACES va faire son grand retour.
C’est probablement une opinion peu répandue, mais je trouve qu’il y a relativement peu de par cœur bête et méchant pendant l’externat. Il y a beaucoup à apprendre, mais il y a peu de chiffres bruts sans aucune logique à apprendre : les posologies à connaître se comptent sur les doigts des deux mains et il reste après peut-être le calendrier vaccinal.
Pour l’internat, vous allez devoir apprendre toutes les posologies et durées des traitements que vous prescrirez. Pour peu que votre spécialité soit axée pharmacologie, vous allez vous enfourner des demies-vies, des délais d’action, et des durées d’action à foison.
En tant qu’interne d’anesthésie-réanimation, j’ai l’impression d’être incroyablement privilégié par rapport à d’autres de mes collègues.
Dans les deux terrains de stage de ma phase socle, tous mes droits, notamment en matière de temps de travail, ont été respectés. Repos de garde, journée de formation, j’ai pu bénéficié de tous ces dispositifs sans le moindre soucis. Le service de garde nous protège énormément en marquant au fer rouge la fin de nos journées.
En terme de formation aussi, des moyens humains et matériels conséquents sont mis à notre disposition.
Tout n’est pas parfait pour autant, mais l’internat que j’ai vécu pour le moment est une formation plus que correcte !
Il n’y a quasiment aucune journée où je ne fasse pas quelque chose auquel je ne comprends rien. Quand on débute, il y a énormément de points de la prise en charge des patients qu’on ne comprend pas. Que ce soit les choix d’antibiothérapie, le timing des examens complémentaires, ou le bon moment pour extuber un·e patient·e, on ne devient pas autonome du jour au lendemain. Pour autant, cela ne va pas vous empêcher de prescrire des antibiotiques, négocier des examens complémentaires, ou extuber des patient·e·s, le tout sous supervision.
Vous serez donc souvent des maillons plus ou moins indispensables de la prise en charge mais vous ne comprendrez pas toujours les décisions que vous appliquerez.
Avec la réflexion, ce n’est pas si surprenant que ça mais je ne m’attendais pas à ne pas comprendre autant de choses.
Le début de mes études m’avait fait emmaganiser un certain nombre de préjugés sur l’internat dont peu se sont avérés. En une phrase : je pensais travailler plus en stage et moins à la maison.
Tout comme l’entrée sur mes conseils pour réviser les ECOS, ces points sont surtout destinés au Léo du passé (futur interne d’anesthésie-réanimation), rien ne garantit qu’ils conviennent au vous du présent. ↩