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Comment éviter les nothing burgers ?

J’avais envie de parler des quelques principes qui guident la rédaction du contenu que je propose sur ce site et que je proposais avant sur Anki x ECNi. Cette entrée effleure le sujet par le prisme des nothing burgers, LA chose que j’essaie d’éviter (parfois sans succès) autant que possible.

Nothing burgers sauce Léo

Qu’est-ce que donc que ça ? C’est un type de contenu que je définis à l’aide des propriétés suivantes :

C’est donc un contenu dont les ambitions affichées dépassent de très loin sa teneur réelle.

Ingrédients pour un nothing burger

Medium

Les mediums habituels utilisés pour partager du contenu en lien avec les études de médecine ne facilitent pas l’évitement des nothing burgers. Les plate-formes les plus utilisées sont Instagram et dans une moindre mesure Facebook. Le format des publications est plutôt accessible pour les créateur·rice·s : on parle ou bien d’image (que des outils comme Canva ou un bon vieux Aperçu de MacOS permettent de créer simplement) ou bien de courtes vidéos (qui peuvent être tournées avec son téléphone et ne nécessite pas impérativement un coûteux équipement et une solide maîtrise d’un logiciel de montage pour être acceptable).

Le temps (ou la place)

Ces formats ne sont pas très adaptés au développement d’un long propos : les courtes vidéos sont limitées à quelques minutes et les dimensions des images ne permettent pas d’y placer de longs paragraphes de textes. Deux solutions se présentent alors. Ou bien faire du contenu superficiel (ou très condensé). Ou bien publier son propos en plusieurs parties.

Ces formats courts ou fragmentés ont leurs inconvénients (et leurs avantages bien sûr) mais ce n’est pas leur durée en soit qui leur fait courir le risque de tomber dans le nothing burger. Leur durée peuvent les empêcher de fournir un propos de fond, mais ce n’est pas la superficialité qui fait un nothing burger : c’est quand cette dernière est grimée dans un lourd vernis.

Les incitations

Là où les plateformes incitent aux nothing burgers, c’est bien dans la façon dont elles mettent en avant le contenu.

A priori, quand on créé du contenu, c’est pour qu’il soit lu ou vu. Sans rentrer dans le débat sur les algorithmes de recommandation des réseaux sociaux gérés par les géants du numérique, on peut au moins se mettre d’accord que pour être lu et vu il faut que son contenu soit liké/partagé/mis en story/etc. Les différents contenus mis en ligne sont en compétition les uns avec les autres et il faut trouver le moyen de se démarquer aux yeux de son public.

Ou bien on a très bien compris le jeu et on peut faire un nothing burger de façon tout à fait volontaire. Ou bien on peut essayer honnêtement de pimper un peu son contenu pour le rendre plus attrayant ou plus percutant. On peut alors se retrouver à la fin avec un nothing burger sans que ça n’ait été l’intention initiale.

C’est bien l’alliance de cette compétition des contenus d’une part et du format court d’autre part qui fournit tous les ingrédients d’un nothing burger : le contenu est trop court pour avoir beaucoup de matière mais on est incité à le magnifier pour le mettre en avant.

Méthode pour éviter le nothing burger

Le but de cette section est de trouver quelques questions et autres astuces pour éviter de tomber dans le nothing burger.

Faire un plan

Sans faire trois parties et trois sous-parties, faire un plan peut permettre de mieux cerner ce que l’on va dire : si on ne parvient pas à dégager plus d’une ou deux étapes dans l’articulation de ce que l’on souhaite dire, il faudra probablement ne pas survendre le résultat.

Laisser reposer les idées

Si l’on a le luxe de pouvoir préparer du contenu à l’avance (soit parce qu’on a beaucoup d’idées [moi avant], soit parce que l’on a habitué tout le monde à des entrées bien trop rares [moi maintenant]), on peut alors revenir sur du contenu que l’on a laissé dans son coin depuis si longtemps que l’on peut le regarder avec un œil neuf.

En l’absence de temps disponible, faire appel à un·e proche est aussi une très bonne option.

Imaginer son contenu chez quelqu’un d’autre

Vous avez sûrement un·e créateur·rice de contenu dont vous êtes fans du travail1. Lorsque vous créez un nouveau contenu, vous pouvez vous demander s’il aurait sa place sur la page de votre créateur·rice de référence.

Par exemple, moi j’adore ce que fait Anking. Quand je rédige quelque chose à propos d’Anki, il m’arrive de me demander si c’est suffisamment bien fait par rapport à ce que fait l’équipe d’Anking.

Échecs et réussites

Je n’échappe en rien aux considérations évoquées plus haut. J’ai juste une plate-forme différente. Je piste aussi le succès de mes entrées via les vues que font les posts compagnons sur BuyMeACoffee et je jette de temps en temps un œil au nombre de visiteurs uniques par jour sur le site. Le fait de publier sur un site m’impose des contraintes de format également : j’ai des réticences à poster des entrées trop courtes ce qui soit m’empêche d’aborder certains sujets, soit me force à trouver de quoi développer suffisamment un sujet pour tenir en quelques parties. J’ai aussi vite fait dans le travers des nothing burgers !

Ma série de techniques conversationnelles sur les ECOS par exemple flirtent très dangereusement avec le nothing burger. L’entrée sur les contact de statement illustre bien le problème. D’un côté elle met des mots sur un point très important et qui peut être redoutablement utile s’il est compris et bien utilisé. D’un autre côté si on a déjà découvert le concept par soi-même on n’apprend rien à part que ma prose laisse à désirer ! On peut dire peu ou prou la même chose de l’entrée sur la méthode Pomodoro.

À l’inverse, je trouve que mon entrée sur la période de révisions des EDN est assez loin du nothing burger. Je n’y vends aucune recette magique mais juste des outils et des questions à se poser pour gérer au mieux ce moment des études médicales. J’essaye de montrer que les questions font sens pour elles-mêmes sans avoir devoir faire référence à mon parcours personnel pour les justifier.

Au final

Un nothing burger, c’est un contenu un peu clickbait où la grandeur de la forme n’est pas en accord avec la pauvreté du fond. On a vite fait d’en faire, même malgré soi, quand on veut créer du contenu qui soit vu.

  1. Si vous êtes partisan·ne du hate follow, la méthode peut aussi s’appliquer…